Bonjour, on est le mercredi 8 juillet 2026. Voici votre Presto en environ 17 minutes. Au menu ce matin : le dossier Iran-États-Unis qui s'emballe, le sommet de l'OTAN à Ankara, Marine Le Pen candidate malgré sa condamnation, l'économie sous tension géopolitique, la tech avec Meta, Samsung et une alerte de sécurité sur l'IA, puis un mot sur le sport.
On commence par le dossier majeur de la nuit : de nouvelles frappes militaires entre les États-Unis et l'Iran, et une déclaration de Trump qui change la donne.
Voici ce qu'on sait. Selon l'Associated Press et la BBC, l'armée américaine a lancé de nouvelles frappes contre l'Iran en réponse à des attaques iraniennes sur trois pétroliers dans le détroit d'Ormuz. La BBC précise que ces frappes américaines ont ciblé des embarcations militaires iraniennes. En parallèle, selon CBC et Al Jazeera, l'Iran a riposté en attaquant des bases hébergeant des forces américaines au Koweït et à Bahreïn.
C'est dans ce contexte que Donald Trump a pris la parole depuis le sommet de l'OTAN à Ankara. Selon CBC, Al Jazeera et Reuters, Trump a déclaré que l'accord intérimaire visant à mettre fin aux hostilités avec l'Iran était, je le cite : "over." Fin de citation. Il a ajouté que des négociateurs américains pouvaient continuer de parler aux Iraniens "s'ils le voulaient", mais le ton était clairement celui d'une rupture.
En parallèle, l'Associated Press rapporte que Washington a révoqué un permis de vente de pétrole iranien, une mesure de pression économique supplémentaire.
Du côté des conséquences économiques directes, Bloomberg rapporte qu'une attaque sur un pétrolier transportant du gaz naturel liquéfié menace les efforts du Qatar pour relancer ses exportations via le détroit d'Ormuz, une voie maritime qui compte parmi les plus importantes au monde pour l'énergie.
Selon Reuters, le secrétaire général de l'OTAN a déclaré que les nouvelles frappes américaines en Iran étaient "absolument nécessaires", appuyant ainsi la position de Washington. Mais cette unanimité de façade cache des tensions au sein de l'Alliance, notamment sur la question de la participation des alliés européens au dossier iranien. Radio-Canada rapporte que Trump, à Ankara, s'est montré très critique envers ses alliés, leur reprochant de ne pas avoir soutenu les États-Unis contre l'Iran.
La situation évolue rapidement, et Presto y reviendra.
On reste à Ankara, où se tenait aujourd'hui la deuxième et dernière journée du sommet de l'OTAN. Ce sommet était déjà chargé avant même les derniers développements avec l'Iran.
Selon Radio-Canada, Trump s'est montré très en colère lors du sommet, s'en prenant à plusieurs alliés sur une série de dossiers simultanément : le Groenland, l'Espagne, et l'absence d'aide occidentale contre l'Iran.
Sur l'Espagne : Reuters rapporte que Trump a annoncé avoir ordonné une coupure des échanges commerciaux américains avec l'Espagne. On n'a pas plus de détails sur la portée exacte de cette mesure pour l'instant.
Sur le Groenland : CBC rapporte que Trump a réitéré sa position selon laquelle les États-Unis, et non le Danemark, devraient contrôler le Groenland, une déclaration qu'il a faite à la veille même du sommet et qui a ravivé les tensions avec plusieurs membres de l'Alliance.
Il y a cependant eu au moins un développement concret positif du côté de la défense. La BBC rapporte que les alliés de l'OTAN ont annoncé un investissement de 37 milliards de livres sterling dans un nouveau projet de missiles. Le premier ministre britannique Keir Starmer devait réunir une douzaine de dirigeants à Ankara pour discuter de ce programme.
Le sommet aura donc produit un accord sur les missiles, mais aussi beaucoup de friction interne, sur fond de crise iranienne qui s'est intensifiée au cours des mêmes 24 heures.
Un mot sur la France, avec un développement politique structurant. Radio-Canada, la BBC et l'Economist rapportent tous la même chose : Marine Le Pen a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle française, quelques heures seulement après qu'une cour d'appel à Paris a confirmé un verdict de culpabilité à son endroit.
Radio-Canada rapporte que le tribunal a également ordonné le port d'un bracelet électronique pour Le Pen, mais les conditions d'application de cette peine devaient être précisées dans les 20 jours suivant la décision. Le Pen avait elle-même dit auparavant qu'elle ne pourrait pas faire campagne si un bracelet lui était imposé, parce que cela limiterait sa capacité à se déplacer à travers le pays et à participer à des rassemblements partisans en soirée.
Malgré ça, dès le soir du verdict, elle a annoncé sa candidature lors du grand bulletin télévisé de TF1, invitant les téléspectateurs à visiter son site de campagne. Le lendemain matin, mercredi, elle faisait déjà une sortie dans les rues de La Flèche, en Sarthe, une ville récemment remportée par le Rassemblement national aux élections municipales.
Radio-Canada rapporte aussi que ce geste met le RN dans une position délicate : Jordan Bardella, qui s'était dit prêt à la remplacer comme candidat du parti, se retrouve mis de côté. Le Pen justifie sa décision en contestant la décision de la cour d'appel, dont elle conteste la légitimité.
La BBC rappelle que cette candidature est portée par une femme reconnue coupable de détournement de fonds publics, ce qui est un enjeu constitutionnel et politique que la France n'a pas encore pleinement tranché.
On passe à la politique canadienne, avec trois dossiers ce matin.
D'abord, une nomination contestée au Sénat. La Presse rapporte que le premier ministre Mark Carney a défendu la nomination de son secrétaire principal, Tom Pitfield, au Sénat. On n'a pas plus de détails sur la nature des critiques soulevées contre cette nomination, mais le fait que Carney ait cru nécessaire de la défendre publiquement indique que le dossier fait débat.
Deuxièmement, les sous-marins et les conséquences de la décision canadienne. Hier, on avait rapporté que le Canada avait sélectionné l'entreprise allemande ThyssenKrupp pour construire sa future flotte de sous-marins. Aujourd'hui, Radio-Canada rapporte que l'entreprise sud-coréenne Hanwha, qui était en lice pour ce contrat, a décidé de se retirer d'un partenariat de formation en Ontario. Ce partenariat visait à créer un pôle de formation à la construction navale à Hamilton. La perte du contrat de sous-marins a donc eu des effets concrets au-delà de la décision principale.
Troisièmement, Hydro-Québec et la communauté innue de Pessamit sont au seuil d'une entente de plusieurs milliards de dollars, selon Radio-Canada. L'accord en discussion permettrait à Hydro-Québec de régler ses litiges avec Pessamit et de construire une nouvelle centrale hydroélectrique. Un référendum aurait lieu dans la communauté pour approuver l'entente. C'est un développement significatif pour l'avenir énergétique du Québec et pour les relations entre le gouvernement et les communautés autochtones.
On passe à l'économie et aux marchés, avec plusieurs dossiers directement liés à la situation géopolitique.
La hausse du pétrole est la réaction la plus immédiate. Bloomberg et Reuters Business rapportent que le prix du pétrole a progressé à la suite des nouvelles attaques iraniano-américaines et de l'annonce par Trump que l'accord de cessez-le-feu était terminé. Dans le même mouvement, Reuters Business rapporte que l'or a reculé, une réaction typique quand le pétrole monte brusquement dans un contexte de tensions au Moyen-Orient.
Du côté des bourses, Reuters Business rapportait déjà hier soir que le Nasdaq avait reculé en raison de préoccupations sur l'intelligence artificielle affectant les fabricants de puces. Bloomberg rapporte par ailleurs que les actions asiatiques étaient orientées à la baisse en début de séance, et que la Corée du Sud continuait de subir des pressions importantes sur son marché.
Chose notable, Bloomberg signale que les actions chinoises se comportaient mieux que leurs pairs asiatiques dans ce contexte difficile, une divergence qui mérite d'être notée.
Côté institutions internationales, le Financial Times rapporte que le Fonds monétaire international a nommé Silvana Tenreyro comme prochaine économiste en chef. C'est un changement de garde notable pour une institution qui joue un rôle central dans les grandes crises économiques.
Sur le front de l'énergie et de la tech, Ars Technica rapporte que la demande énergétique des centres de données d'intelligence artificielle crée des pressions sur les coûts d'électricité pour les fabricants américains, particulièrement dans les États desservis par le réseau PJM Interconnection dans la région Rust Belt. Selon Reuters, cité par Ars Technica, l'entreprise Belden Brick Company en Ohio a vu sa facture d'électricité mensuelle passer de 1 600 à 12 000 dollars américains. L'association des fabricants d'acier américains avertit que ses membres paient des dizaines de millions de dollars de plus par année en coûts d'électricité. Ce phénomène crée une tension directe avec les objectifs de réindustrialisation promus par l'administration Trump.
Enfin, l'Economist publie une analyse selon laquelle l'intelligence artificielle, après avoir transformé le marché boursier, commence à prendre de la place sur le marché obligataire, notamment avec Amazon qui aurait émis des obligations liées à l'IA, selon le Wall Street Journal.
Un mot sur la tech, avec quatre dossiers ce matin.
D'abord, une alerte de sécurité importante. Ars Technica rapporte que des chercheurs ont découvert qu'il est possible d'exploiter neuf des outils d'intelligence artificielle les plus populaires pour assembler des réseaux de machines infectées, ce qu'on appelle des botnets. La vulnérabilité repose sur une technique appelée injection de prompt : les grands modèles de langage sont incapables de distinguer entre des instructions légitimes et des instructions malveillantes glissées dans des courriels, du code source ou d'autres contenus que le modèle traite. Selon Ars Technica, une nouvelle classe d'attaques permet désormais de cibler des victimes à grande échelle, et pas seulement individuellement comme c'était le cas auparavant. C'est un développement préoccupant pour la sécurité des systèmes utilisant l'IA.
Deuxième dossier : Meta et ses lunettes connectées. The Verge rapporte que Meta va déployer une mise à jour de ses lunettes intelligentes qui désactivera la caméra si quelqu'un tente de modifier ou de détruire le voyant lumineux de confidentialité. Cette mise à jour répond à des modifieurs qui avaient physiquement percé ou altéré le voyant pour filmer discrètement sans que personne ne le sache. The Verge note cependant que ce voyant reste difficile à voir, même en fonctionnement normal.
Toujours sur Meta : TechCrunch rapporte que l'entreprise a lancé Muse Image, un nouveau générateur d'images par intelligence artificielle, le premier depuis ce que le Financial Times décrit comme une refonte profonde par Mark Zuckerberg de la stratégie IA de l'entreprise. TechCrunch rapporte que des utilisateurs ont déjà exprimé des objections quant à l'utilisation de leurs photos pour entraîner ce modèle.
Troisième dossier : Samsung confirme son prochain événement. The Verge rapporte que Samsung a annoncé un événement Galaxy Unpacked pour le 22 juillet. L'entreprise devrait y présenter un nouveau téléphone pliable au format plus large et plus court que ses modèles habituels, en plus de versions mises à jour de ses téléphones Flip et Fold existants.
Quatrième dossier : une levée de fonds majeure dans les puces pour l'IA. TechCrunch rapporte que SambaNova, un fabricant de puces pour l'intelligence artificielle, a levé 1 milliard de dollars américains à une valorisation de 11 milliards, seulement cinq mois après un précédent tour de financement. L'entreprise avait notamment été ciblée par Intel comme acquisition potentielle à environ 1,6 milliard, selon TechCrunch, avant que ce projet ne soit abandonné.
Un dernier mot sur le sport, avec la Coupe du monde et deux nouvelles de la LNH.
À la Coupe du monde, Al Jazeera rapporte que la Suisse a rejoint les quarts de finale. Dans la course au Soulier d'or, Al Jazeera signale que Lionel Messi est en tête des buteurs avec huit buts, suivi d'Erling Haaland et de Kylian Mbappé. Ce soir, selon La Presse, la France affronte le Maroc en quart de finale.
Du côté de la LNH, deux nouvelles. D'abord, Sportsnet rapporte que les Maple Leafs de Toronto ont ajouté Daniel Alfredsson à leur organisation, une addition que Sportsnet décrit comme une approche renouvelée de la direction, en phase avec les thèmes de l'intersaison.
Ensuite, Sportsnet rapporte que les Raptors de Toronto ont officiellement accueilli Kyle Lowry pour son retrait de la compétition. Selon Sportsnet, c'était toujours le plan prévu pour mettre fin à la carrière de l'icône de la franchise à Toronto.
Et du côté des Blue Jays, Sportsnet rapporte que l'équipe a remporté une victoire face aux Giants de San Francisco mardi soir, surpassant en trois manches l'offensive totale des quatre matchs précédents.