Bonjour, on est le mercredi 22 juillet 2026. Voici votre Presto en environ 17 minutes. Au menu ce matin : le conflit américano-iranien et son coût colossal, la crise politique en Ukraine, le dossier commercial Canada-États-Unis avec une nouvelle entente sur le pont Gordie-Howe, les incendies de forêt qui font rage au pays, un accord nucléaire entre Washington et Riyad, l'économie et les marchés, et un tour en tech avec Samsung et l'IA. On commence.
On commence par le conflit entre les États-Unis et l'Iran, qui entre maintenant dans sa douzième nuit consécutive de frappes américaines. Hier soir, lors d'une audience au Congrès, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a révélé que la guerre en Iran a coûté 37,5 milliards de dollars américains jusqu'ici. BBC World et l'Associated Press rapportent tous les deux que Hegseth défendait lors de cette audience une nouvelle demande de financement au Pentagone, et que la séance a été perturbée par des protestataires et des échanges animés entre élus.
La sénatrice démocrate Jon Ossoff, selon Al Jazeera, a directement interpellé Hegseth sur le coût total et la durée prévisible du conflit. La question reste sans réponse claire de l'administration.
Sur le terrain régional, l'Associated Press rapporte que les Houthis du Yémen ont formulé une nouvelle menace qui pourrait élargir le conflit et mettre à risque un point de passage commercial stratégique dans la région. Reuters confirme de son côté que l'escalade au Moyen-Orient fait peser une menace sur la reprise du raffinage pétrolier mondial, un secteur déjà fragilisé par les tensions des dernières semaines.
Du côté des marchés énergétiques, le Wall Street Journal rapporte que les contrats à terme sur le pétrole ont prolongé leur progression en lien avec la poursuite des frappes américano-iraniennes. Le baril de Brent brut a dépassé 91 dollars américains mardi, selon BNN Bloomberg. L'entreprise norvégienne Equinor a publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, Bloomberg l'attribue en partie à la conjoncture favorable pour les prix de l'énergie liée au conflit.
L'Economist publie par ailleurs une analyse qui soutient que la guerre en Iran est en train de consumer la présidence Trump, rappelant que le président Obama avait prôné d'éviter ce genre d'engagements coûteux. C'est une opinion, pas un constat factuel, mais elle reflète un courant de pensée qui gagne du terrain chez les observateurs américains.
Deux autres nouvelles internationales à noter ce matin.
D'abord, un séisme politique en Ukraine. Le président Volodymyr Zelensky a congédié le général Oleksandr Syrskyi de son poste de commandant en chef des forces armées ukrainiennes et a nommé un successeur. BBC World, l'Associated Press et CBC World le confirment tous. Selon CBC World, ce renvoi fait suite à des jours de manifestations massives à Kyiv et dans d'autres villes du pays, où des protestataires réclamaient la tête de Syrskyi. Ce dernier était déjà sous pression depuis la destitution du ministre de la Défense Mykhailo Fedorov, une décision qui avait soulevé une vague de critiques populaires.
Toujours en Ukraine, Al Jazeera et BBC World rapportent que des drones ukrainiens ont frappé pendant la nuit deux nouveaux entrepôts logistiques appartenant à Wildberries, le plus grand détaillant en ligne de Russie. Selon Al Jazeera, les installations touchées se trouvent dans les régions de Krasnodar et de Stavropol. Le directeur général de l'entreprise a indiqué que les centres ont été évacués. Bloomberg soulignait hier que ces frappes répétées sur l'infrastructure logistique russe visent à perturber l'économie du pays.
Deuxième nouvelle majeure : Radio-Canada et CBC World rapportent que le président Donald Trump a approuvé un accord avec l'Arabie saoudite qui pourrait permettre au royaume d'enrichir de l'uranium dans le cadre d'un programme nucléaire civil. CBC World cite deux sources familières avec le dossier. Radio-Canada précise que l'accord, d'abord rapporté par le Wall Street Journal, devra être soumis à l'examen du Congrès américain. Cet accord survient dans un contexte géopolitique déjà chargé, alors que les États-Unis mènent des frappes contre l'Iran, un adversaire direct de Riyad.
Le dossier commercial Canada-États-Unis continue d'occuper le devant de la scène à Ottawa. Pour rappel, les États-Unis ont imposé lundi soir de nouveaux droits de douane de 50 % sur environ 20 milliards de dollars américains en exportations canadiennes. Le premier ministre canadien a répliqué en annonçant des contre-mesures, et les négociations se poursuivent.
Ce matin, une note de nuance importante vient de The Hub : un économiste cité dans ce média soutient que, malgré le chiffre de 50 % qui fait les manchettes, l'effet réel de ces tarifs représente une augmentation effective d'environ 2,5 % du taux moyen appliqué aux exportations canadiennes, en raison de la façon dont les droits existants s'appliquent. Le gouvernement canadien et ses alliés industriels n'ont pas adopté cette lecture, mais elle circule dans les discussions d'analystes.
CBC World rapporte par ailleurs que ces nouveaux tarifs américains s'appuient sur une disposition légale qui n'avait jamais été utilisée depuis son adoption en 1930, et que toute contestation judiciaire que le Canada pourrait tenter se heurterait à un terrain difficile : l'administration Trump pourrait bien l'emporter devant les tribunaux, selon des experts consultés par CBC.
Du côté de Reuters Business, le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a déclaré à Fox Business que ces tarifs de 50 % constituent une mesure de « réciprocité ». Ottawa n'a pas encore réagi publiquement à cette formulation.
Il y a aussi un épisode symbolique dans ce dossier : Reuters rapporte que le Canada a annulé la célébration conjointe prévue avec les États-Unis pour l'inauguration officielle du pont Gordie-Howe, citant les menaces commerciales de l'administration Trump. Mais il y a quand même une avancée concrète sur ce dossier. Radio-Canada rapporte que les termes d'une entente de principe ont été dévoilés : le Canada versera des paiements annuels équivalant à 50 % des recettes nettes tirées du pont aux États-Unis. C'est un compromis financier, même si la cérémonie commune est annulée.
En Ontario, deux dossiers à mentionner. Global News rapporte que le gouvernement Ford a conseillé à ses députés provinciaux qu'ils pouvaient utiliser un avantage hôtelier pour les séances nocturnes à Queen's Park. La pratique est sous scrutin depuis plus d'une semaine, alors que des élus ont facturé des nuits d'hôtel au centre-ville de Toronto aux contribuables plutôt que de rentrer chez eux. Global News rapporte aussi qu'un rapport interne datant de 2016 avait déjà sonné l'alarme sur le manque de rétention et les problèmes de salaires dans les services de lutte contre les incendies de forêt en Ontario, un contexte qui prend de l'acuité avec les feux actifs dans le nord de la province.
Justement, les feux de forêt. La Presse rapporte que le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario recensait mercredi matin 173 incendies actifs dans le nord de la province, dont 12 déclarés dans les 24 dernières heures. En Colombie-Britannique, La Presse rapporte que l'incendie de Brunswick Creek continue de progresser dans le canyon du Fraser sans être maîtrisé, provoquant de nouveaux ordres d'évacuation dans la région. CBC World précise que la fumée de ces incendies canadiens voyage jusqu'à New York et d'autres villes américaines, provoquant des avertissements de qualité de l'air.
Un dossier qui mérite aussi une mention : CBC rapporte que cinq ans après l'annonce par la Première Nation Tk'emlúps te Secwépemc de la découverte possible de plus de 200 sépultures non marquées sur le site de l'ancien pensionnat autochtone de Kamloops, la cheffe de la communauté indique que les fouilles n'ont pas encore débuté et qu'on ne sait pas encore si elles auront lieu ni quand.
Deux nouvelles du côté québécois ce matin.
D'abord, un dossier politique à surveiller dans la campagne électorale provinciale qui se profile. Le National Post rapporte que le Parti québécois dit qu'il renégocierait l'entente de principe sur Churchill Falls avec Terre-Neuve-et-Labrador si le parti était élu cet automne, et seulement si cette renégociation incluait une compensation pour ce que le PQ appelle l'injustice de 1927, soit la perte du Labrador. Une position qui complique d'emblée toute entente avec la province voisine.
Ensuite, en économie québécoise, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain dit vouloir s'impliquer activement dans la prochaine campagne électorale provinciale. Le Devoir rapporte que la CCMM souhaite que la lourdeur réglementaire soit traitée comme une urgence nationale par les partis. L'organisation n'a pas précisé quelle forme prendrait cet engagement, mais le signal envoyé aux partis est clair.
Du côté des entreprises, Les Affaires rapporte que CAE, l'entreprise québécoise de simulation et de formation aéronautique, élargit sa collaboration avec l'italien Leonardo pour faire avancer l'entraînement sur le jet d'entraînement militaire M-346 et développer des capacités de nouvelle génération. C'est un contrat international structurant pour CAE dans un contexte où la demande militaire est en hausse.
Un tour des marchés. Bloomberg rapportait en fin de journée mardi que les actions ont reculé alors que les investisseurs adoptaient une posture prudente avant la publication des résultats trimestriels d'Alphabet. Les actions liées à l'intelligence artificielle avaient tiré Wall Street vers le haut plus tôt dans la journée, mais les gains ont été partiellement effacés.
Le Wall Street Journal note que les actions dans le secteur des semi-conducteurs ont continué à résister malgré les inquiétudes entourant les rivaux chinois en intelligence artificielle, un sujet sur lequel l'Economist publie ce matin une analyse : les laboratoires d'IA américains font face à une concurrence croissante de modèles chinois moins coûteux, et la demande pour ces modèles à code ouvert progresse.
Du côté des obligations, le Financial Times rapporte que des investisseurs s'inquiètent que les paris sur les obligations japonaises ne se transforment en ce que le milieu appelle un « widow-maker trade », soit un pari qui semble logique mais qui ruine ceux qui s'y aventurent. Le contexte : les taux d'intérêt au Japon bougent dans des directions inhabituelles, ce qui rend ces positions risquées.
Enfin, Reuters Business rapporte que l'Arabie saoudite, par l'entremise de son entreprise The Helicopter Company, a signé une lettre d'intention avec Bombardier pour l'achat de jusqu'à 60 appareils. Une nouvelle positive pour le constructeur québécois dans un contexte où les commandes internationales dans le secteur de l'aviation d'affaires restent solides.
Un détail fiscal à noter pour les investisseurs : Bloomberg rapporte que le département du Trésor américain a signalé des préoccupations concernant ce qu'il décrit comme des transactions fiscales potentiellement abusives. Aucun détail sur les structures visées n'a été rendu public pour l'instant.
En tech, deux développements structurants ce matin.
Premier dossier : Samsung tient aujourd'hui son événement Galaxy Unpacked à Londres. Selon The Verge, la cérémonie a lieu ce mercredi 22 juillet à 9 h, heure de l'Est. Les rumeurs pointent vers un grand redesign du Galaxy Z Fold 8, le téléphone pliable phare de la compagnie. C'est l'un des lancements de produits les plus attendus de l'été en matière d'appareils grand public.
Deuxième dossier : une rumeur qui fait beaucoup parler dans le milieu de l'IA. TechCrunch rapporte que des rumeurs circulent sur une possible acquisition par Anthropic de Physical Intelligence, une startup spécialisée dans la robotique et l'IA physique. TechCrunch précise que ces rumeurs s'inscrivent dans un contexte où Anthropic et OpenAI ont toutes les deux mené des stratégies d'acquisition très actives depuis le début de 2026. Aucun accord n'a été confirmé.
Sur le financement : TechCrunch rapporte que Dimension Capital a levé un troisième fonds de 800 millions de dollars américains, soit 60 % de plus que son deuxième fonds annoncé il y a 18 mois. La firme investit à l'intersection des sciences et du calcul informatique, un segment qui attire de plus en plus d'argent institutionnel.
Toujours en tech : The Verge rapporte que Meta a lancé un système de marquage invisible appelé Content Seal pour identifier les images générées par son nouveau modèle d'IA Muse. L'article fait valoir que cette technologie est moins accessible et moins fiable que des solutions déjà établies, notamment SynthID de Google. Le Conseil de surveillance de Meta avait pourtant appelé la compagnie en mars à mieux utiliser ses propres outils pour contrer la désinformation générée par l'IA.
Enfin, une nouvelle sur l'énergie et l'IA : The Verge rapporte que près de 200 organisations, dont NextEra Energy, Duke Energy, Equinix et Digital Realty, ont signé un engagement de protection des consommateurs face aux coûts énergétiques liés à l'IA. L'initiative, baptisée "rate payer protection pledge", a été introduite par l'administration Trump en mars. Le président Trump devrait annoncer formellement les nouveaux signataires jeudi.
Un mot rapide sur les Blue Jays de Toronto pour clore ce tour de l'actualité. Plusieurs articles de Sportsnet publiés cette nuit convergent vers le même constat : l'équipe s'enfonce. Une nouvelle défaite contre les Rays de Tampa Bay mardi soir est décrite par Sportsnet comme un nouveau creux moral. Avec l'échéance des transactions qui approche, les analystes de Sportsnet indiquent que la direction est de plus en plus clairement en mode vente. Le lanceur Kevin Gausman, l'un des visages de l'équipe, a dit après le match qu'il était un Blue Jay aujourd'hui, sans se prononcer sur la suite. Sportsnet note qu'il a montré des signes de sentimentalité dans ce qui pourrait avoir été son dernier départ à domicile avec Toronto.